Benflis joue la montre pour annoncer sa candidature

24/01/2014 - 14:35


Ali Benflis se prépare activement à l’échéance présidentielle. Il annoncera sa candidature les jours prochains, assure-t-on.
On connait déjà les noms de quelques candidatures à la présidentielle. Certaines sont sérieuses, d’autres sont plutôt le fruit d’une humeur ou d’une ambition mal placée. Ahmed Benbitour, Sofiane Djilali, l’écrivain Yasmina Khadra ont fait leur annonce. Les deux premiers occupent le terrain. Sofiane Djilali anime des meetings et se fait entendre. En revanche, le troisième s’en est retourné à Paris après avoir déclaré son envie de candidature.
Mais plus sérieusement, les Algériens ne se font plus d’illusions sur les enjeux de la prochaine présidentielle. Celle-ci se joue entre les candidats-clients du pouvoir. Celui-ci, jaloux de ses prérogatives, n’a pas intérêt à laisser le loup entrer dans la bergerie. Aussi, si Bouteflika ne se présente pas comme ont tenté de nous convaincre ses fidèles (rares les voix qui appellent désormais à sa candidature), l’échéance se jouera essentiellement entre l’actuelle premier ministre et Ali Benflis. 
Bouteflika plus que jamais mal en point, Abdelmalek Sellal se prépare à la présidentielle. Il parcourt depuis quelques semaines l’Algérie et fait la promotion des réalisations du président Bouteflika avec cependant quelques casseroles qui lui collent aux basques. A l'image de la gestion plus que désatreuse des affrontements ethniques de Ghardaïa. Certaines sources avancent qu’il a l’onction du président malade. Celui-ci aurait tout intérêt à protéger ses arrières et ses fidèles. En l’espèce, Abdelmalek Sellal qui nie se préparer pour la présidentielle serait tout indiqué pour le clan présidentiel. 
En embuscade, Ali Benflis attend, se prépare, consulte et constitue ses équipes avant de se lancer dans le bain. En enfant naturel du système, donc du FLN, il sait qu’il n’a pas intérêt à déclarer sa candidature trop tôt. L’épisode de 2004 est en la matière une belle leçon. 
Réseaux sociaux et FLN
En attendant cette échéance, ses comités de soutien font le job, occupent le terrain. Avec à chaque fois, beaucoup de monde. Chose paradoxale, qui caractérise d’ailleurs le paysage politique algérien, Benflis reçoit le soutien de nombreuses voix et des comités de soutien se constitue un peu partout avant même qu’il annonce sa candidature. Les réseaux sociaux bruissent déjà des noms de personnalités qui compteraient le rejoindre. On évoque l’ancien premier ministre Ghozali, le général Zeroual, Khaled Nezzar, Saïd Sadi. Autrement dit, les déçus de Bouteflika. L’autre inconnue est le FLN qui traverse une crise d’autorité aiguë. La lutte entre Saïdani et Belayat n’est pas étrangère au contrôle du parti en vue de la présidentielle. Si le premier ne fait pas mystère de son envie de voir Bouteflika rempiler, voire son peu de respect pour Sellal, Belayat en animal politique madré, se démène pour récupérer le parti et le remettre en marche pour peser au printemps prochain. Il est cependant manifeste que le FLN, le RND et l’UGTA qui garde le silence se mettront en ordre de bataille pour le candidat du système. 
Une seule inconnue : vu l’état de santé du président, les Algériens ne seraient-ils pas convoqués à une présidentielle anticipée ?
Yacine K.